Quand les contractions deviennent intenses : comment rester dans ta bulle pendant l’accouchement ?

« Et si je n’arrivais plus à gérer ? » C’est une peur que beaucoup de futures mamans portent en elles lorsqu’elles pensent à leur accouchement.

Au début, les contractions peuvent sembler tout à fait gérables. Tu respires, tu changes de position, tu continues à parler entre deux vagues… Puis, progressivement, elles deviennent plus longues, plus rapprochées, plus intenses. Et tu peux te demander :

“Est-ce que je vais réussir à supporter cette intensité ?
Est-ce que je vais paniquer ?
Est-ce que je vais perdre pied ?
Comment vais-je faire lorsque les contractions seront vraiment fortes ?”

Si cette pensée te traverse, sache d’abord une chose : tu n’as pas besoin de savoir exactement comment tu vas réagir le jour de ton accouchement. Et surtout, tu n’as pas besoin de « gérer » les contractions comme si tu devais réussir une épreuve.

Tu peux apprendre à traverser chaque contraction, une à la fois. Lorsque les contractions deviennent intenses, quelque chose change. Au fur et à mesure que le travail avance, les contractions deviennent généralement plus intenses et plus rapprochées. Ton corps travaille. Ton bébé descend progressivement dans ton bassin. Ton col se modifie. Et ton attention peut naturellement se tourner vers l’intérieur. C’est ce que l’on appelle parfois « entrer dans sa bulle ». Tu parles moins. Tu as moins envie d’être sollicitée. Tu peux avoir besoin de fermer les yeux, de bouger, de te concentrer sur ta respiration ou simplement de rester dans ton monde.

Dans un accouchement physiologique, l’intensité des contractions fait partie du processus du travail. Bien sûr, chaque accouchement est différent et certaines situations nécessitent une surveillance ou une prise en charge médicale particulière. Mais lorsque tout se déroule physiologiquement, cette montée en puissance des contractions peut aussi être envisagée comme une invitation à te recentrer sur toi, ton corps et ton bébé. Tu n’as pas à lutter contre chaque contraction. Tu peux apprendre à l’accompagner. La contraction arrive… puis elle repart.

Cela peut sembler évident, mais c’est un repère extrêmement précieux pendant le travail :

une contraction a un début, un sommet et une fin. Elle monte. Elle devient plus intense. Puis elle redescend. Et entre deux contractions, il y a un temps de récupération.

Lorsque tu es dans une contraction très intense, il peut être difficile d’imaginer que tu vas pouvoir en traverser une autre. Alors ne pense pas à la prochaine. Reste avec celle qui est là.

Tu peux te répéter : « Je n’ai pas besoin de penser à tout l’accouchement. Je traverse simplement cette contraction. »

Puis la suivante. Et encore la suivante. Une vague après l’autre.

Ta respiration : ton fil conducteur

Lorsque la contraction devient intense, notre premier réflexe peut être de se crisper ou de retenir sa respiration. Pourtant, une respiration lente et souple peut t’aider à rester connectée à ton corps. Tu peux notamment essayer de prolonger ton expiration. Inspire tranquillement par le nez… Puis expire lentement par la bouche, comme si tu soufflais doucement dans une paille. Pas besoin de chercher une respiration parfaite.

Le plus important est de trouver une respiration qui te fait du bien et qui t’aide à ne pas te laisser emporter par l’intensité.

Tu peux aussi accompagner ton expiration d’un son grave : un « aaaah », un « ooooh », un soupir… Pendant le travail, le son peut devenir un véritable outil d’ancrage.

Bouger plutôt que subir

Tu n’es pas obligée de rester immobile pendant une contraction. Au contraire, le mouvement peut devenir un précieux allié.

Tu peux :

  • marcher lentement ;

  • faire des mouvements de bassin ;

  • t’appuyer sur ton partenaire ;

  • te mettre à quatre pattes ;

  • t’agenouiller sur un ballon ;

  • te pencher en avant ;

  • t’accroupir si cette position est confortable pour toi ;

  • changer régulièrement de position.

Il n’existe pas une position magique pour accoucher. Il existe surtout des positions dans lesquelles ton corps se sent suffisamment en sécurité pour travailler. Et parfois, tu trouveras spontanément la position dont tu as besoin.

Le massage : revenir dans ton corps

Le toucher peut également être très précieux lorsque les contractions deviennent intenses. Un massage du bas du dos, des pressions sur le sacrum, des mouvements circulaires sur les hanches… Mais là encore, il n’existe pas une technique universelle. Certaines femmes adorent être massées. D’autres ne supportent plus qu’on les touche pendant une contraction. Et c’est parfaitement OK.

L’idée est de connaître plusieurs possibilités avant le jour de l’accouchement, pour pouvoir choisir ce qui te convient au moment présent.

Ton partenaire peut alors devenir un véritable repère : une main dans le dos, une pression sur les hanches, un regard, quelques mots… Parfois, il n’y a même plus besoin de parler.

L’ancrage : trouver ton point de sécurité

Quand l’intensité monte, ton mental peut rapidement partir dans tous les sens. « C’est trop fort. » « Je ne vais jamais y arriver. » « Il reste combien de temps ? » C’est humain. Mais tu peux préparer à l’avance des ancrages qui t’aideront à revenir au moment présent.

Cela peut être :

une phrase que tu répètes ;

une musique ;

une odeur familière ;

la main de ton partenaire ;

un objet que tu regardes ;

un point fixe dans la pièce ;

ou simplement la sensation de tes pieds au sol.

Tu peux aussi choisir une phrase qui te ressemble : « Une contraction à la fois. » « Je peux traverser cette vague. » « Mon corps sait ce qu’il fait. » « Je suis en sécurité. »

L’objectif n’est pas de te convaincre que tu n’auras pas mal. L’objectif est plutôt de te rappeler :

« Cette intensité est là, mais je peux être avec elle. »

La visualisation pour rester dans ta bulle

La visualisation peut également t’accompagner pendant les contractions. Tu peux imaginer une vague qui monte et redescend. Une fleur qui s’ouvre progressivement. Ton bébé qui descend doucement dans ton bassin. Ou simplement visualiser un endroit dans lequel tu te sens profondément en sécurité. Fermer les yeux, diminuer les stimulations autour de toi, écouter une musique douce…

Tout cela peut t’aider à créer ton espace à toi, même lorsque l’environnement autour de toi est très présent. C’est cela, finalement, rester dans sa bulle. Ce n’est pas se couper du monde. C’est créer suffisamment d’espace intérieur pour écouter ce dont ton corps a besoin.

Et si, malgré tout, je panique ?

Alors tu n’auras pas « raté » ton accouchement. Tu n’auras pas échoué. Tu seras simplement une femme en train de vivre quelque chose d’intense. Tu peux avoir peur. Tu peux pleurer. Tu peux dire que tu n’en peux plus. Tu peux demander de l’aide. Tu peux changer d’avis. Tu peux avoir besoin d’une péridurale alors que tu avais imaginé autre chose.

Il n’existe pas une seule bonne manière d’accoucher.

L’objectif n’est pas à apprendre à ne jamais avoir peur ou à supporter la douleur à tout prix. Il consiste aussi à savoir ce qui peut t’aider lorsque les choses deviennent difficiles. Et surtout, à ne pas être seule avec cette intensité.

Le rôle de la doula : être un repère quand tu en as besoin

C’est aussi pour cela que l’accompagnement peut avoir autant de valeur. Une doula peut t’aider à te préparer émotionnellement et concrètement à ce que tu pourrais vivre.

En rendez-vous, nous pouvons prendre le temps d’explorer ensemble :

  • ce qui te fait peur dans les contractions et ce dont tu as besoin pour te sentir en sécurité ;

  • les positions et mouvements possibles ;

  • les massages et pressions que ton partenaire peut apprendre ;

  • les outils d’ancrage et les visualisations ;

  • la manière dont ton partenaire peut te soutenir ;

  • et surtout, ce qui te correspond à toi.

L’idée est de te constituer une petite boîte à outils pour ton accouchement, dans laquelle tu pourras piocher le jour venu.

Tu n’as pas besoin de savoir aujourd’hui comment tu vivras ton accouchement

Peut-être qu’aujourd’hui, tu as encore très peur des contractions. Peut-être que tu te demandes sincèrement si tu seras capable de traverser leur intensité. C’est OK.

Tu n’as pas besoin d’avoir toutes les réponses maintenant. Tu peux simplement commencer à te familiariser avec ton corps, avec différentes façons de respirer, de bouger, de t’ancrer et de te laisser traverser par les vagues. Et le jour de ton accouchement, tu n’auras pas à vivre tout l’accouchement d’un seul coup. Tu vivras une contraction. Puis une pause. Puis une autre. Et encore une autre. Une vague à la fois.

Tu es peut-être beaucoup plus capable que tu ne l’imagines. Tu peux être entourée, soutenue, rassurée, encouragée. Tu peux te préparer. Tu peux apprendre à reconnaître ce qui t’aide à rester dans ta bulle lorsque les contractions deviennent intenses.

Et si tu en as envie, je peux t’accompagner dans cette préparation, simplement, sans pression, pour que tu arrives le jour de ton accouchement avec des repères concrets et une confiance un peu plus grande en toi et en ton corps.

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